Expositions et Évènements
Nouvelle exposition temporaire
"Le grand siècle des âmes :
Les arts religieux au temps
de la marquise de Sévigné"
Visites possibles sur rdv.
Samedi 23 mai :
Ouverture à 15 h
Inauguration officielle
à 17 h
suivie à 18 h d'une
Conférence par Julien Béchard
(archiviste, historien et chargé de cours)
qui présentera la spiritualité de cette époque
en l'illustrant avec les objets exposés.
Ci-dessous un aperçu de cette exposition
MUSÉE D’ART SACRÉ
MOURS-SAINT-EUSÈBE
EXPOSITION
Avril - septembre 2026
« Le grand siècle des âmes.
Les arts religieux au temps de
la marquise de Sévigné »
La Contre-Réforme (ou Réforme catholique)
Le Concile de Trente (1545-1563) se donne pour objectif , dès la première session : l’exaltation de la foi et de la religion chrétienne, l’extirpation des hérésies, la paix et l’union de l’Eglise, la réformation du clergé et l’extinction des ennemis du christianisme. La France, bastion du gallicanisme, renâcle à mettre en place les directives du Concile. Le pouvoir royal absolu entre en concurrence avec l’autorité papale. Néanmoins, la réforme va s’appliquer progressivement sous l’impulsion, entre autres, de François de Sales* et de Vincent de Paul*.
L’exposition présente des œuvres du XVIIe siècle, mais l’influence du Concile va se faire sentir jusqu’au XXe siècle. Les collections du Musée sont le reflet de ses directives. Les macarons* « Année Sévigné » permettent de trouver les œuvres du XVIIe siècle, disséminées dans les différents espaces…
La Contre-Réforme va s’attacher à réformer l’Eglise catholique, à mettre de l’ordre dans la formation des prêtres, dans la liturgie (mise en place des couleurs des ornements liturgiques, incitation à avoir dans les paroisses un calice pour la semaine et un pour les fêtes, etc.). Pour répondre aux critiques de Luther et de Calvin, Rome surenchérit : le culte des saints, de la Vierge est renforcé; les reliques sont plus que jamais vénérées; comme les protestants mettent en cause la Présence Réelle dans l'hostie, la Contre-Réforme met en avant le Saint-Sacrement : processions, adorations, et donc ostensoirs ! Les églises sont décorées avec profusion : il s’agit de créer une émotion qui donne un avant-goût du Ciel.
Les artistes s’attachent à appliquer les préconisations du Concile, comme Le Caravage (1571-1610) : son apprentissage commence au moment de la mort de Charles Borromée, archevêque de Milan, mais aussi l’un des rédacteurs du Concile. La représentation de pauvres, avec leurs pieds sales, et des apôtres prenant modèle sur des gens de la rue, cela correspond à un souci d’intégrer la foi à la vie quotidienne. Tout au long du XVIIe siècle, les « caravagesques » vont utiliser l’héritage du Caravage, comme dans le « Saint Jérôme* pénitent » (sacristie mur ouest) : éclairage à la bougie, teintes sombres, réalisme… Georges de la Tour est un représentant de ce courant en France. (Voir sa version au Musée de peinture de Grenoble)
Des saints et des couvents
La période allant de 1550 à 1650 a été qualifiée de « siècle des saints ». Un grand courant de mysticisme s’incarne dans Thérèse d’Avila* (« Le château intérieur ») ou Jean de la Croix (« Le cantique spirituel »).
En France, on trouve l’école française de spiritualité (avec le cardinal de Bérulle), l’implantation des carmels réformés (à Paris, à Pontoise, avec la bienheureuse Barbe Acarie / sœur Marie de l’Incarnation), les Visitandines, l’Oratoire (saint Jean Eudes), les Jésuites (saint Ignace de Loyola, saint François Xavier), les Capucins, etc. Dans le duché de Lorraine, Pierre Fourrier* (1565-1640) fonde une congrégation pour l’éducation des jeunes filles…
Vincent de Paul rencontre Louise de Marillac : ils créeront les Filles de la Charité.
François de Sales* fait de même avec Jeanne Frémyot de Chantal* : ils fondent l’ordre de la Visitation Sainte-Marie.
Les religieuses doivent s’occuper : elles réalisent des paperoles* ou papiers roulés. Cette « orfèvrerie du pauvre » respecte les incitations du concile : pas de métaux précieux dans les couvents. Des reliques de saints, des images de saints, des Agnus Dei* sont agencées selon une esthétique baroque dans des tableaux qui servent à la piété domestique ou publique.
Si le clergé devient mieux formé, tous les problèmes ne sont pas réglés. Le système de la commende (un ecclésiastique ou un laïc perçoit les revenus d’une abbaye sans autorité sur la discipline des moines) et le cumul des bénéfices perdurent.
Le bas clergé renâcle à porter l’habit clérical et à faire le catéchisme. Le haut clergé fait étalage de ses privilèges. Ces dissensions dans le clergé existeront toujours lorsqu’éclate la Révolution française…
Les familles aristocratiques monopolisent les dignités ecclésiastiques. Il suffit de voir l’entourage familial de la marquise de Sévigné : Son grand oncle Frémyot-Chantal est archevêque de Bourges. Une autre soeur de sa grand-mère, Marguerite, donne naissance à un futur évêque de Chalon, Jacques-Bénigne de Neufchèze. Une des filles de sa grand-Mère, Marguerite-Aimée, se marie avec Bernard de Sales, le frère de François… Du côté du mari de sa fille, comtesse de Grignan, on trouve un archevêque coadjuteur d’Arles, un évêque de Carcassonne, et une mère abbesse de Saint-Benoît d’Aubenas… Sa petite fille, Pauline, aura pour parrain le cardinal de Retz, un ami de la marquise… L’autre petite-fille, Marie Blanche, entrera chez les Visitandines d’Aix-en-Provence
La marquise est entourée de son oncle, Christophe de Coulanges (1607-1687), abbé de Livry (93), dit le Bien Bon. Il l’accompagne régulièrement. Elle lui rend visite à Livry ou il séjourne à l’Hôtel Carnavalet, à Paris. Elle construit pour lui une chapelle dans son château des Rochers, en Bretagne. Il fait partie du premier voyage de la marquise à Grignan, en 1672.
Madame de Sévigné fréquente régulièrement les couvents de la Visitation : soit pour y visiter des connaissances (à Paris) soit pour y faire escale lors de ses voyages : à Nantes en direction de la Bretagne, à Moulins (où sa grand-mère est morte) en allant à Vichy ou Grignan… Elle y est reçue avec grands égards, en tant que petite-fille de la fondatrice, à qui elle ressemble, paraît-il…
Une « jolie païenne »
Le départ de Françoise, sa fille, pour Grignan, laisse la marquise en proie à de l’anxiété : le voyage, l’incertitude de l’arrivée des lettres, et puis les grossesses, les maternités… Tout cela l’oblige à penser à Dieu. Elle fait le constat : « Une de mes grandes envies c’est d’être dévote… Je ne suis ni à Dieu ni au diable… » (lettre à Mme de Grignan, 10 juin 1671). Elle est tiraillée entre l’exemple de Jeanne de Chantal et ses aspirations terrestres. Arnaud d’Andilly, un ami janséniste résume son attitude religieuse : « Une jolie païenne ! »
A plusieurs reprises, son confesseur lui refuse l’absolution : elle pense trop à sa fille; elle hait l’archevêque de Marseille, Mgr de Forbin-Janson, dont la famille est en bisbille avec son gendre. « Elle ne renonce à rien ».
Janséniste ?
Les tracas de l’âge, de petits malaises lui font penser à la mort. Elle pense à se jeter dans la religion. Elle est attirée par l’austérité janséniste. Elle admire la rigueur de Port-Royal-des-Champs qu’elle a visité, mais « elle n’est pas mûre »…
En 1675, elle s’installe dans son château breton des Rochers. Elle se sent pleine de compassion pour les victimes de la répression du pouvoir royal. Sa voisine, Mme de Tarente, est une princesse allemande mariée à un cadet de la maison de la Trémoille. Elle a eu une fille de 25 ans qui est partie à Stockholm pour s’adonner à la foi calviniste. Les deux femmes partagent leur douleur d’avoir une fille éloignée.
La rigueur janséniste lui interdit une dévotion ordinaire prônée par la Contre-Réforme : le chapelet. Dans ce désert spirituel, les fêtes de la Nativité lui redonnent de l’espoir : « Je sentis un plaisir sensible d’aller à la messe; il y avait longtemps que je n’avais senti de la joie d’être catholique ». (Lettre à Mme de Grignan, 25 décembre 1675)
Apprenant que l’abbé Bayard est mort de manière soudaine, la marquise se lamente sur ce qui n’est pas une « belle mort » : « sans confession, sans préparation ».
Certains saints sont invoqués pour la « Bonne Mort » : saint Joseph, sainte Anne (voir tableau* dans nef nord). Saint Sébastien (et saint Roch) sont invoqués pour les épidémies, la peste en particulier. Joseph est un saint particulièrement vénéré dans les carmels, à la suite d’une guérison opérée sur sainte Thérèse. La sainte famille (avec Anne, Joseph) est également vénérée par saint François de Sales et par ricochet dans les couvents de la Visitation. Philippe de Champaigne (1602-1674) dont on reconnaît des influences sur le tableau a été proche des Jansénistes de Port-Royal : il a peint un ex-voto (Musée du Louvre) montrant sa fille, religieuse, avec la mère supérieure Agnès Arnaud.
Pas de paysage dans ce tableau mais une composition austère et anachronique avec des saints au visage impénétrable et austère.
Son fils, Charles, se marie tardivement, avec une Mlle de Mauron, d’une grande piété. Lorsqu’elle le revoit, ce n’est plus le débauché qu’elle a connu. Il est devenu un modèle de catholicisme teinté de jansénisme.
Le 6 avril 1696, Mme de Sévigné ne se sent pas bien. Le 11 avril elle insiste pour bénéficier des derniers sacrements. Elle meurt le 17 avril, jour du mardi saint. Elle est enterrée à la collégiale Saint-Sauveur de Grignan.
SOURCES :
BERNET, Anne : « Madame de Sévigné », Perrin, 2009
KERMINA, Françoise : « Jeanne de Chantal », Perrin, 2000
ROPS, Daniel : « l’Eglise des temps classiques. Le grand siècle des âmes », Librairie Arthème Fayard, 1958
QUELQUES DATES :
1610 : François de Sales et Jeanne Françoise Frémyot de Chantal fondent l’ordre de la Visitation
1622 : Mort de François de Sales à Lyon
1622 : Canonisation de Thérèse d’Avila, François Xavier, et Ignace de Loyola par le pape Grégoire XV
1623-1625 : Apparitions de sainte Anne à un jeune paysan breton, Yvon Nicolazic
5 février 1626 : Naissance de Marie de Rabutin Chantal, à Paris dans une maison de l’actuelle place des Vosges
1626 : Le Bernin commence le baldaquin de Saint-Pierre de Rome
1632 : Fondation du couvent de la Visitation de Romans (actuel Musée de la chaussure)
1638 : Naissance du futur Louis XIV
1640 : Publication posthume de l’Augustinus de l’évêque d’Ypres Jansen
13 décembre 1641 : Mort de Jeanne Françoise Frémyot, baronne de Chantal
1643 : Mort de Louis XIII. Régence d’Anne d’Autriche
1645 : La coquille du chœur de la collégiale Saint-Barnard est terminée : Charles de Lyonne, chanoine sacristain, qui l’a financée appose ses armoiries sur la clef de voûte
25 mars 1649 : Miracle de l’osier près de Vinay (38) : Un osier taillé par un protestant se met à saigner, le jour de la fête de l’Annonciation
1652 : Le Bernin : « L’extase de sainte Thérèse » (église Santa Maria della Vittoria, Rome)
1656 : Velasquez peint « les Ménines » (Musée du Prado, Madrid)
7 juin 1660 : Apparition de saint Joseph à Cotignac
27 septembre 1660 : Mort de Vincent de Paul, dit « Monsieur Vincent »
19 avril 1665 : Canonisation de François de Sales par le pape Alexandre VII. Il est devenu le saint patron des journalistes et des écrivains. Fête le 24 janvier
Ca 1665 : Vermeer : « La jeune fille à la perle »
(Mauritshuits, La Haye)
1670 : Molière : « Le bourgeois gentilhomme »
1671 : Françoise, fille de la marquise de Sévigné, part s’installer à Grignan avec son mari. Deux jours après son départ, Mme de Sévigné commence à écrire à sa fille. Sur les 1120 lettres conservées, 750 sont destinées à sa fille.
1674 : Mort de Philippe de Champaigne à l’âge de 72 ans
Juin 1675 : Apparition du Sacré-Cœur à la religieuse Visitandine Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-le-Monial
1er mars 1676 : « Nous lisons, nous écrivons, nous prions Dieu », lettre de Mme de Sévigné
1685 : Révocation de l’Edit de Nantes
17 avril 1696 : Mort de la marquise de Sévigné au château de Grignan. Elle est enterrée à la collégiale Saint-Sauveur
1713 : Le pape Clément XI condamne le jansénisme par la bulle Unigenitus
1er septembre 1715 : Mort de Louis XIV
1725 : Premières éditions de 28 lettres de la marquise.
1734 : Les descendants de la marquise (Pauline de Grignan) décident de publier une édition « officielle » des lettres, en quatre volumes. L’éditeur, qui a coupé et rebâti le texte, s’engage à détruire la correspondance une fois publiée.
1737 : Canonisation de Vincent de Paul. Il est le patron de « toutes les œuvres charitables ». Fête le 27 septembre
1751 : Béatification de Jeanne Françoise de Chantal
1767 : Canonisation de Jeanne Françoise de Chantal. Elle est la sainte patronne des personnes oubliées, des mères de famille, veuves… Fête le 12 août
Précédentes expositions :
2025
Exposition
"Noël au Musée"
La maison Devineau
Place Sainte-Croix à Nantes, l’enseigne de la maison se dit « Ciriers depuis 1803 ». À cette époque, les Devineau font partie des nombreux ciriers français dont l'activité principale est la fabrication de cierges. En 1914, Jules Devineau, fonde une petite entreprise de santons, la « Société nantaise des articles de Noël », spécialisée dans les articles de crèches, que les Nantais ne tardent pas à surnommer « Au Petit Bon Dieu ».
La Société nantaise des articles de Noël (SNAN) emploie jusqu’à cent vingt ouvrières et exporte aux États-Unis et au Canada. Les personnages sont en terre de pipe et entièrement réalisés à la main. Les ouvrières suivent l’ensemble de la production du santon : du moulage à la peinture. Le déclin de l’entreprise commence après le concile de Vatican II. Dans les années 1990, la concurrence italienne et asiatique est la plus forte et la SNAN cesse définitivement son activité.
La fabrique Puccini
Fabrique toulousaine Puccini ("À Notre-Dame de Lourdes"), fondée en 1864 par Étienne Puccini (1845-1900), puis reprise par sa veuve Raymonde Fauré (1849-1919) et par son fils Jean Louis Annibal (1879-?).
La maison Puccini réalise également une grande gamme de statuaire en plâtre peint dont des crèches. Dans la vitrine est exposé un catalogue de 1910 de cette maison
La maison Pieraccini
Éditeur de sculptures religieuses établi à Tours. Maison fondée par Giovannetti, mouleur d’origine italienne. En activité dès 1874. Devient « Giovannetti Aîné et Pieraccini » en 1878, puis Pieraccini en 1882, et « Pieraccini-Pelissier » en 1910. Racheté en 1937 par la maison Bacci, encore en activité à Noron l’Abbaye (14).
Crèche napolitaine
La première crèche à Naples est mentionnée dans un document qui évoque une crèche dans l'église de Santa Maria del presepe en 1205. En 1340, la reine Sancha (épouse de Robert Ier de Naples) offrit aux Clarisses une crèche pour leur nouvelle église de laquelle a survécu la statue de la Vierge aujourd'hui conservée au musée de San Martino. On doit aux pères Piaristes dans les premières décennies du XVIe siècle, la crèche baroque. Les statuettes furent remplacées par des mannequins articulés de bois revêtus d'étoffes. Les tout premiers mannequins napolitains étaient de grandeur humaine. En 1640, grâce à Michele Perrone, les mannequins conservèrent tête et membres de bois, mais ils furent réalisés avec une armature en fil de fer revêtu d'étoupe qui donna aux statues une allure plus plastique. Vers la fin du XVIIe siècle, naquit la théâtralité de la crèche napolitaine, où l'on commença à mélanger le sacré (Sainte Famille, l’Adoration des bergers et des mages) et le profane avec des personnages de la vie quotidienne. Outre le soin apporté à leurs habits, ces figurines sont caractérisées par une expression très réaliste.
Crèche de Provence
Les premiers santons de Provence apparurent par la circulation des traditions, dont celle napolitaine des Santi Belli. En France, ils furent s’abord réalisés en mie de pain avant d’être fabriqués en argile crue puis en argile cuite. La première crèche connue fut celle créée à Marseille, en 1775, par un dénommé Laurent. Après la Révolution française qui a entraîné la fermeture des églises et la suppression de la messe de minuit, les représentations publiques de la nativité furent discontinues. C’est alors qu’en Provence des petits personnages ont été créés pour qu’une crèche de Noël puisse fleurir dans l’intimité du foyer de chaque famille provençale. En 1803, peu après le Concordat, la première foire aux santons fut inaugurée à Marseille. Outre les petits santons peints, cette foire propose des « santons habillés », en costume traditionnel, chacun portant les insignes de son métier.
Jean-Louis Lagnel (1764-1822), santonnier, s’inspira des tenues de ses proches et de ses voisins pour façonner des santons qui devinrent les modèles incontournables de nos santons contemporains. C’est la raison pour laquelle la plupart des personnages sont encore aujourd’hui vêtus à la mode en vogue sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848).
Exposition
"Le pape, successeur de Pierre"
Après l'exposition de l'an dernier intitulée "Evêques et cardinaux", le Musée d'art sacré de Mours intitule sa nouvelle exposition : "Le pape, successeur de Pierre".
Le sujet avait été choisi il y a longtemps, mais l'actualité met en lumière plus que jamais le Souverain Pontife.
Léon XIV a choisi d'apparaître avec la mozette de soie rouge et l'étole pastorale, ce que son prédécesseur n'avait pas voulu... Si l'habillement du pape a évolué tout au long du XXe siècle, certains éléments ont été abandonnés, mais d'autres peuvent tout à fait être utilisés ...
La visite permet d'aborder l'iconographie de saint Pierre (les clefs, les larmes, le coq)... mais aussi le vestiaire papal (une mule de Pie VII, des bas liturgiques de Pie IX...), et celui des "assistants" du pape (trois costumes de camériers de cape et d'épée)...
MUSÉE DIOCÉSAIN D’ART SACRÉ - MOURS
EXPOSITION « LE PAPE, SUCCESSEUR DE PIERRE »
17 mai - 22 septembre 2025
Après « Évêques et cardinaux », nous présentons une exposition consacrée au pape, figure dont on parle beaucoup dans l’actualité, et lié à des traditions séculaires …
Saint Pierre
Le « prince des apôtres » bénéficie d’une iconographie importante : « … tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elles. Je te donnerai les clés du royaume des cieux… » Mathieu, XVI 18-19
Il est donc souvent représenté avec deux clefs, que l’on retrouve dans les armoiries du Saint-Siège et dans celles des papes.
Les larmes de saint Pierre est un motif représenté en peinture par le Greco, Velazquez et Georges de la Tour, mais aussi en musique (Roland de Lassus). Après avoir renié le Christ au moment de son arrestation, Pierre demande pardon et pleure. C’est aussi après le troisième reniement que le coq chante, comme Jésus l’avait prédit.
Saint Grégoire le grand (pape en 590) est représenté en chape, la tiare sur la tête, et avec une colombe à ses côtés. On lui doit de nombreux écrits et le chant « grégorien ». En peinture on trouve le miracle eucharistique de « la messe de saint Grégoire » le représentant avec une apparition du Christ « Homme de douleurs » sur l’autel…
Pie VI : Ce pape (1717-1799) est mort à Valence un 29 août « en exil et martyr ». Il a condamné la Constitution civile du clergé (voir le calice fait pour un prêtre réfractaire dans la sacristie, et la timbale ayant servi pour des messes clandestines, dans la salle d’orfèvrerie) et a excommunié « la Nation française ». Fait prisonnier par les armées du Directoire, il est ramené en France. Il dort la nuit du 13 au 14 juillet à Romans (Edwige du Vivier, petite fille, le voit à cette occasion. Sa vocation serait née ce jour-là. Elle fondera la Congrégation de Sainte-Marthe, voir tableau dans le clocher). L’acte de décès de Pie VI précise : « Giovanni Angelo Braschi, qui exerce la profession de pontife ». Il aura droit à des obsèques civiles. Son corps est ramené en Rome en 1802. Ses entrailles sont conservées dans la cathédrale de Valence, sous un buste de Canova.
Papes et camériers.
Le pape est un personnage qui bénéficie d’un vestiaire tout à fait particulier. Si Paul VI promulgue des réformes vestimentaires, il ne dit rien du vêtement papal. Le pape est associé à deux couleurs : le rouge et le blanc. Il porte une soutane, un rochet (sorte de surplis), une mozette , une ceinture (décorée de ses armoiries, ce que le pape François n’a pas fait), des bas, des mules et un chapeau.
La mule (de Pie VII) : étymologiquement le mot pourrait provenir de « mulleus calceus » (brodequin rouge porté par les sénateurs qui ont exercé la magistrature curule). Le port de cette chaussure pourrait être un privilège accordé par un empereur byzantin au pape. Elle peut être confectionnée en maroquin ou velours en hiver ou en soie pour l’été. L’empeigne porte une croix car le cérémonial de la cour veut que le visiteur baise le pied sur cette celle-ci. Jusqu’à Pie IX l’usage veut que le pape change de mules chaque samedi soir. Le premier aide de chambre les distribue comme autant de reliques.
Paul VI porte des mules avec un galon d’or, mais sans aucun ornement sur l’empeigne : le « baise-pied » a été supprimé. Jean-Paul II a porté des chaussure bordeaux. Benoît XVI a porté des mules rouge vif qui lui avaient été offertes.
Mozette : cette « pèlerine » se porte sur la soutane lors d’éléments officiels (Léon XIV a porté une mozette de soie rouge lors de sa première apparition). Le pape porte alternativement cinq mozettes : velours de soie rouge bordé de duvet en hiver; drap rouge pendant le carême; damas de soie blanche bordée d’hermine pendant la semaine « in albis » après Pâques; satin de soie rouge pendant l’été.
La soutane blanche : ce n’est pas historiquement l’habit des papes. En tant que cardinal, c’était le rouge. Mais saint Pie V (pape de 1566 à 1572) a porté du blanc pour rappeler qu’il était un dominicain.
Certains accessoires ont disparu, d’autres sont revenus sur la scène (la falda, le fanon, le chalumeau…) :
La « sedia gestatoria » : a été remplacée par la papamobile, néanmoins, il existe toujours des porteurs pour le cercueil du pape.
Les flabelli : éventails de plume escortant le pape, dont l’usage remonte à l’antiquité.
Le camauro : bonnet rouge bordé d’hermine. Les souverains pontifes le portaient sur leur lit de mort. Jean XXIII le porte épisodiquement. Benoit XVI l’a porté aussi à l’occasion d’audiences générales en extérieur.
La férule : bâton liturgique en forme de croix réservé au pape (il n’a pas de crosse). Paul VI l’a remise au goût du jour et a fait réaliser une férule en argent avec crucifix (Scorzelli, vers 1970). Benoit XVI a utilisé cette férule, mais aussi la férule de Pie IX et une qui lui a été offerte (en forme de croix simple). Léon XIV a pour le moment utilisé deux de ces férules.
Le 8 juillet 2013, à Lampedusa, le pape François a utilisé une férule réalisée avec du bois de bateaux naufragés. Une version « équitable et solidaire », en koaba, bronze et argent a été réalisée par le sculpteur Maurizio Lauri.
La tiare : cette coiffe non liturgique comprend trois couronnes symbolisant la nature du pouvoir du pape : politique, spirituel et moral. Paul VI commande une tiare contemporaine pour son couronnement. Le 13 novembre 1964, il offre sa tiare aux pauvres. Elle est actuellement au sanctuaire de l’Immaculée Conception de Washington, DC. On ne la trouve plus que dans les armoiries du Vatican. Benoit XVI l’abandonne dans ses armoiries (mais curieusement elle réapparaît par la suite…)
Le pallium : écharpe de laine blanche portée sur les épaules en guise de juridiction. Dans l’Antiquité, il s’agit d’un vêtement réservé aux consuls. Il est devenu un signe de communion entre le pape, les primats et les archevêques à qui il est attribué. C’est une bande en sergé de laine orné de croix de soie noire (ou rouge pour Benoît XVI, qui a repris une forme antique). Traditionnellement, le 21 janvier, fête de la sainte Agnès, le pape bénit deux agneaux dont la laine sera tissée par les bénédictines du monastère romain de Sainte-Cécile. Les palliums seront ensuite placés dans un coffre sous l’autel papal de la basilique Saint-Pierre, à proximité de la tombe de l’apôtre, devenant ainsi des reliques « de contact ».
Les camériers de Sa Sainteté : ces familiers du pape, appelés à tort prélats, regroupent des camériers secrets participants, des camériers honoraires divisés en trois classes (secrets surnuméraires, d’honneur, et d’honneur extra urbem). Ils sont supprimés par le motu proprio Pontificalis Domus du 30 mars 1968.
Les camériers laïcs dits de cape et d’épée : ils sont supprimés par le même document qui en fait des gentilshommes de Sa Sainteté. On a pu en voir en habit, nœud papillon blanc et collier aux armes pontificales, à l’occasion de l’enterrement du pape François.
Jusqu’en 1902, le camérier laïc dispose de trois costumes : un costume de gala à l’espagnole (drap et velours noir assorti d’un col de baptiste formant une fraise), une tenue de ville en drap écarlate à queue d’hirondelle. Après 1902, on crée un petit costume d’audience (habit à la française de drap noir, col et revers de manche brodés de feuilles d’olivier). Chaque costume est complété par un collier d’argent doré à trois rangs se terminant par un pendentif formé de la tiare et des clefs.
Pie IX : (bas liturgiques) : 1792 / 1846 / 1878 (bienheureux) : dernier souverain des états pontificaux et plus long pontificat de la papauté (31 ans). Pape libéral puis conservateur qui condamne le modernisme. Il promulgue le dogme de l’Immaculée Conception en 1854.
Léon XIII (portraits) : 1810 / 1878 / 1903 : Il s’attache à définir la position de l’Eglise face au monde moderne, en particulier avec l’encyclique Rerum Novarum. C’est le premier pape à être filmé.
Pie X : 1835 - 1903 - 1914 (saint) : Il s’oppose au modernisme et réforme l’Eglise. Il restaure le chant grégorien et centralise la liturgie romaine.
Benoît XV : 1854 - 1914 - 1922 : Il promulgue un nouveau code de droit canonique en 1917, qui centralise le pouvoir pontifical et il déploie une intense activité diplomatique pendant la 1ère guerre mondiale.
Pie XI : 1857 - 1922 / 1939 : son pontificat est marqué par la reconnaissance de la Cité du Vatican (accords du Latran en 1929). Il doit faire face à la montée des totalitarismes en Europe. Il a canonisé Thérèse de Lisieux (1925) mais aussi Bernadette Soubirous (1933).
Pie XII : 1876 - 1939 - 1958 : diplomate, secrétaire d’état de Pie XI, cherche à empêcher la guerre en voulant rester neutre. Il promulgue le dogme de l’Assomption, canonise Maria Goretti, et annonce la découverte du tombeau de Pierre.
Jean XXIII : 1881- 1958 - 1963 (saint) Surnommé « il bueno papa », il convoque le Concile Vatican II (11 octobre 1962).
Paul VI : 1897 - 1963 - 1978 (saint) : Il conclut le Concile Vatican II et amorce une mise à jour de l’Eglise (aggiornamento). Il se déplace hors d’Europe et s’engage dans le dialogue œcuménique en levant l’excommunication entre Rome et Constantinople (1054).
Jean-Paul Ier : 1912 - 1978 - 1878 (bienheureux)
Jean-Paul II : 1920 -1978 - 2005 (saint)
Benoît XVI : 1927 - 2005 - 2022
François : 1936 - 2013 - 2025
Léon XIV : 1955 - 2025
Exposition "Archéologie Moursoise"
Les remarquables "hypogée des Fourneaux", "Sylvain" et "Pierre à cupule",
mais aussi les modestes fragments de bronze, céramique et verre
dévoilent une partie de la préhistoire de Mours.
2024
2023


































































